Le thé africain, c’est d’abord un grand thé noir de hauts plateaux, cultivé en Afrique de l’Est : au Kenya, l’un des premiers exportateurs de thé noir au monde, mais aussi au Rwanda, au Malawi, en Ouganda, en Tanzanie ou au Burundi. Ces thés vifs et colorés entrent dans une grande partie des mélanges vendus en Europe. L’Afrique a aussi ses propres façons de boire le thé, du chai kényan au lait au thé vert à la menthe du Sahel, et une curiosité : le thé violet du Kenya. Voici les pays, les thés et leur préparation. Pour une vue d’ensemble, consultez notre tour du monde du thé.
Origine et histoire
Le théier n’est pas originaire d’Afrique. Il y a été introduit par les colons européens, à partir de la fin du XIXe siècle. Le Malawi, alors Nyassaland, est le premier pays du continent à en faire une culture commerciale, sur les hauts plateaux de la Shire. Le Kenya suit au début du XXe siècle, avec les premières plantations près de Limuru, puis autour de Kericho, à l’ouest de la vallée du Rift.
Au milieu du XXe siècle, la culture s’étend au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et en Tanzanie. Après les indépendances, une grande partie de la production passe entre les mains de petits planteurs regroupés autour de fabriques collectives, à côté des grands domaines. Aujourd’hui, l’Afrique de l’Est est l’une des grandes régions du thé, tournée vers l’exportation, avec des ventes aux enchères organisées notamment à Mombasa.
Les grands thés africains
| Thé | Régions | Feuille | Goût en tasse |
|---|---|---|---|
| Thé du Kenya | Kericho, Nandi, pentes du mont Kenya | Surtout en petits granulés (CTC), aussi en feuilles | Vif, malté, très coloré, tonique |
| Thé du Rwanda | Hauts plateaux, sols volcaniques | Feuilles brisées ou entières | Brillant, fruité, net |
| Thé du Malawi | Thyolo, Mulanje | Feuilles brisées | Doux, rond, peu astringent |
| Thé violet du Kenya | Hauts plateaux kényans | Feuilles d’un cultivar à teinte pourpre | Léger, boisé, peu astringent |
Thé du Kenya
Les plantations kényanes s’étagent entre 1 500 et plus de 2 000 mètres d’altitude, de part et d’autre de la vallée du Rift, sous un climat équatorial tempéré par la hauteur. Les théiers y produisent presque toute l’année. L’essentiel est transformé selon la méthode CTC (broyer, déchirer, rouler), qui donne des petits granulés infusant vite et une liqueur rouge-cuivre puissante. Les jardins produisent aussi des thés en feuilles plus fines, dits orthodoxes.
Thé du Rwanda
Le Rwanda cultive le thé sur des collines d’altitude aux sols volcaniques riches. Ses thés noirs sont réputés pour leur netteté, leur couleur brillante et des notes fruitées. Une partie de la production se tourne vers des thés en feuilles plus soignés, et même vers des thés verts et blancs.
Thé du Malawi
Pionnier du thé africain, le Malawi cultive ses théiers dans le sud du pays, autour de Thyolo et du massif du Mulanje. Ses thés noirs sont plus doux et plus ronds que ceux du Kenya, appréciés en assemblage. Le pays travaille aussi des thés blancs et des feuilles plus rares.
Thé violet du Kenya
Issu d’un théier sélectionné au Kenya pour ses feuilles pourpres, riches en anthocyanes, ce thé est la curiosité du continent. Nous lui consacrons une page entière : thé violet du Kenya.
Goût et caractéristiques
Les thés noirs africains, en particulier kényans, sont recherchés pour leur force et leur couleur. La liqueur est rouge-cuivre, le goût franc, malté, avec une astringence vive et parfois des notes d’agrumes. Ils supportent très bien le lait et constituent la base de nombreux thés du matin, comme l’English Breakfast, aux côtés de l’Assam et des thés de Ceylan.
Leur teneur en théine est celle d’un thé noir, plutôt marquée, d’autant que les feuilles fragmentées libèrent vite leurs composés. Ce sont des thés de matinée et de début d’après-midi.
Comment préparer un thé africain
- Dosage : 2 g pour 20 cl pour un thé en granulés, 2 à 3 g pour un thé en feuilles.
- Température : 90 à 95 °C.
- Durée : 3 minutes pour un thé CTC, qui infuse vite ; 3 à 4 minutes pour les feuilles.
- Infusions : une seule pour les granulés, deux possibles pour les feuilles entières.
- Avec du lait : laissez infuser un peu plus longtemps pour garder du corps.
Culture et service du thé en Afrique
Au Kenya, la façon la plus courante de boire le thé est le chai : thé noir, lait et sucre bouillis ensemble dans une casserole, parfois parfumés de gingembre ou d’épices, à la manière du masala chai indien. On le sert du petit-déjeuner à la pause de l’après-midi.
En Afrique de l’Ouest et au Sahel, le thé vert de Chine domine. Au Sénégal, l’attaya se prépare en trois tournées successives, de plus en plus douces, versées de haut pour faire mousser ; en Mauritanie et au Mali, la préparation est proche. Ce rituel est cousin du thé marocain et de son thé à la menthe. Il s’étire souvent sur des heures, et sa préparation est un moment de conversation à part entière.
En Afrique du Sud, enfin, la boisson nationale n’est pas un thé mais une infusion : le rooibos, sans théine.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur thé africain ?
Tout dépend de l’usage. Pour un thé noir puissant au lait, le Kenya est la référence ; pour un thé plus fruité et net, le Rwanda ; pour un thé doux, le Malawi.
Le thé du Kenya est-il fort en théine ?
Plutôt oui, comme la plupart des thés noirs en petits fragments. Gardez-le pour le matin et le début d’après-midi.
Qu’est-ce qu’un thé CTC ?
C’est une méthode de transformation qui broie, déchire et roule les feuilles en petits granulés. Elle donne un thé qui infuse vite, très coloré et corsé, idéal en sachet ou au lait.
Le rooibos est-il un thé africain ?
C’est une plante d’Afrique du Sud, mais pas un thé : il ne vient pas du théier et ne contient pas de théine.
Pour aller plus loin
- Thé violet du Kenya
- Le thé noir : familles et préparation
- Rooibos, l’infusion sud-africaine
- Le thé dans le monde
Références pour aller plus loin
Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :
- Green Tea — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
- HerbalGram — American Botanical Council
- James Norwood Pratt's Tea Dictionary — James Norwood Pratt, ouvrage de référence du métier du thé
- Tea Lover's Treasury — James Norwood Pratt