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Thé de Ceylan

Des thés noirs vifs et lumineux, de la montagne à la plaine

Publié le · mis à jour le

Le thé Ceylan est le thé du Sri Lanka, l’île au sud de l’Inde qui portait autrefois le nom de Ceylan. C’est avant tout un thé noir à la liqueur brillante, cuivrée, vive et parfumée, dont le goût change beaucoup selon l’altitude : léger et floral dans les hautes montagnes, rond et corsé dans les plaines du sud. Le pays a pris le nom de Sri Lanka au XXe siècle, mais son thé a gardé l’ancien nom, devenu une appellation reconnue. Ce n’est donc pas un thé anglais, même s’il entre dans la plupart des mélanges britanniques. Cette page vous présente son histoire, ses grandes régions, ses goûts et la façon de le préparer. Pour le situer parmi les autres pays producteurs, voyez notre tour des thés du monde.

Histoire du thé de Ceylan

Au XIXe siècle, Ceylan était une colonie britannique couverte de plantations de café. Dans la seconde moitié du siècle, une maladie des feuilles, la rouille du caféier, ravage ces cultures en quelques années. Les planteurs doivent se reconvertir, et le thé, déjà cultivé avec succès dans l’Assam voisin, s’impose.

Le pionnier le plus souvent cité est James Taylor, un planteur écossais qui crée la première plantation de thé commerciale de l’île, près de Kandy, et y met au point les premières méthodes de roulage et de séchage. En quelques décennies, les collines du centre se couvrent de jardins de thé, et Ceylan devient l’un des premiers exportateurs mondiaux, place que le Sri Lanka occupe toujours parmi les grands pays producteurs.

Cette histoire a aussi une face sombre : pour travailler dans les plantations, les colons ont fait venir du sud de l’Inde une main-d’œuvre tamoule, dont les descendants cueillent encore aujourd’hui une grande partie du thé de l’île.

Goût et caractéristiques

  • Type : thé noir à très large majorité, entièrement oxydé. On trouve aussi quelques thés verts et thés blancs de Ceylan, plus rares.
  • Fabrication : surtout selon la méthode dite orthodoxe : flétrissage, roulage, oxydation, puis séchage. Les feuilles gardent une forme reconnaissable, entière ou brisée.
  • Liqueur : orangée à cuivrée, très lumineuse, l’une des signatures du thé de Ceylan.
  • Goût : vif, légèrement astringent, avec des notes d’agrume, de fleurs ou de miel selon les régions.
  • Théine : celle d’un thé noir, donc un thé stimulant, plutôt pour la journée.

L’altitude est la clé du goût. On distingue les thés de haute altitude, au-dessus d’environ 1 200 mètres, légers et parfumés ; ceux de moyenne altitude, plus ronds ; et ceux de basse altitude, sous 600 mètres environ, sombres et puissants.

Les grandes régions du thé de Ceylan

L’île compte sept régions de production reconnues. Voici les quatre que l’on rencontre le plus souvent sous leur nom.

Nuwara Eliya

La région la plus haute du pays, au cœur des montagnes du centre, au climat frais toute l’année. Ses thés sont les plus délicats de Ceylan : une liqueur dorée claire, un parfum floral, des notes d’agrume et de cyprès, une astringence vive mais fine. On les surnomme parfois les « champagnes » de Ceylan. À boire nature, comme un grand thé d’altitude.

Uva

Sur les pentes orientales des montagnes, l’Uva connaît chaque été des vents secs qui stressent les théiers et concentrent leurs arômes. Les thés de cette saison sont recherchés pour leur parfum singulier, parfois mentholé, et leur liqueur rouge vif. Corsés et aromatiques, ils supportent bien un peu de lait.

Dimbula

Sur les pentes occidentales, exposées à la mousson du sud-ouest, le Dimbula produit ses meilleurs thés pendant la saison sèche, en début d’année. C’est le Ceylan « classique » : une liqueur cuivrée, un goût frais et équilibré, ni trop léger ni trop fort. Il est très utilisé dans les mélanges et fait un excellent thé glacé, car il reste limpide en refroidissant.

Ruhuna

Dans le sud de l’île, à basse altitude, la chaleur et l’humidité font pousser les théiers vite. Les thés de Ruhuna ont des feuilles sombres, parfois piquées de bourgeons dorés, et une liqueur foncée, ronde, maltée, avec des notes de caramel et de miel. Puissants et doux à la fois, ils sont très appréciés au Moyen-Orient et se boivent volontiers avec du lait.

Tableau des thés de Ceylan

RégionAltitudeLiqueurGoûtPour qui
Nuwara EliyaHauteDorée, claireFloral, agrume, finLes amateurs de thés délicats, nature
Uda PussellawaHauteCuivrée, roséeFloral, légèrement épicéLes curieux
UvaHauteRouge vifAromatique, parfois mentholéAvec ou sans lait
DimbulaHauteCuivréeFrais, équilibréLe quotidien, le thé glacé
KandyMoyenneCuivrée, sombreRond, corséLe matin, avec du lait
RuhunaBasseTrès foncéeMalté, caramel, mielLes amateurs de thés forts
SabaragamuwaBasseRouge sombreDoux, notes de caramelLes thés de mélange

Grades de feuilles

Les thés de Ceylan sont vendus avec des grades qui décrivent la taille de la feuille, pas sa qualité gustative. Les plus courants : OP (Orange Pekoe), feuille longue et entière ; BOP (Broken Orange Pekoe), feuille brisée, plus forte ; FBOP, feuille brisée plus fine, souvent avec des bourgeons. Plus la feuille est petite, plus le thé infuse vite et donne une tasse corsée. Les feuilles entières offrent davantage de nuances.

Comment préparer le thé de Ceylan

  • Température : 90 à 95 degrés pour les thés de haute altitude, 95 degrés pour ceux de moyenne et basse altitude.
  • Dosage : 2 à 2,5 g pour 20 cl, un peu plus si vous ajoutez du lait.
  • Durée : 3 minutes pour un Nuwara Eliya ou un Dimbula, 3 à 4 minutes pour un Uva, un Kandy ou un Ruhuna.
  • Infusions : une seule, parfois une seconde plus courte pour les feuilles entières de haute altitude.
  • Accompagnement : nature ou avec du citron pour les thés d’altitude ; avec du lait pour les thés de plaine.

Au Sri Lanka, on boit le thé très sucré et souvent avec du lait, servi à toute heure, dans la rue comme à la maison. Le thé de Ceylan est aussi la base de nombreux thés aromatisés, notamment l’Earl Grey, et des mélanges du matin présentés sur notre page thé anglais.

Questions fréquentes

Le thé de Ceylan est-il un thé anglais ?

Non, c’est un thé du Sri Lanka. Les Britanniques ont développé ses plantations quand l’île était une colonie, et il entre dans la plupart des mélanges anglais, d’où la confusion. Les mélanges comme l’English Breakfast en contiennent souvent.

Quelle différence entre thé de Ceylan et Darjeeling ?

Le Darjeeling vient des contreforts de l’Himalaya, en Inde, et donne un thé noir très léger, peu oxydé dans ses premières récoltes, aux notes de muscat. Le Ceylan est plus coloré, plus vif et plus régulier. Notre page sur le thé indien présente le Darjeeling.

Le thé de Ceylan contient-il beaucoup de théine ?

Comme tout thé noir, il est stimulant. Les thés de basse altitude, aux feuilles brisées, donnent les tasses les plus fortes. Réservez-le à la matinée et à l’après-midi.

Existe-t-il du thé vert de Ceylan ?

Oui, mais en petite quantité. Le Sri Lanka produit quelques thés verts et thés blancs, notamment des bourgeons argentés de haute altitude. L’essentiel de la production reste du thé noir.

Pour aller plus loin

Références pour aller plus loin

Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :

  • Green Tea — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
  • HerbalGram — American Botanical Council
  • James Norwood Pratt's Tea Dictionary — James Norwood Pratt, ouvrage de référence du métier du thé
  • Tea Lover's Treasury — James Norwood Pratt