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Thé indonésien

Des hauts plateaux volcaniques de Java aux pentes de Sumatra

Publié le · mis à jour le

Le thé indonésien est avant tout un thé noir de plantation, cultivé sur les hauts plateaux volcaniques de Java et de Sumatra. Doux, rond, peu astringent, il a longtemps servi de base à de nombreux mélanges vendus en Europe. Sa spécialité la plus réputée est le thé de Java Preanger, protégé par une indication géographique. Sur place, les Indonésiens boivent surtout un thé très sucré, souvent parfumé au jasmin. Cette page vous présente l’histoire du thé dans l’archipel, ses régions, ses variétés et la façon de les préparer. Pour situer l’Indonésie parmi les autres origines, consultez notre tour des thés du monde.

Origine et histoire du thé en Indonésie

Le théier n’est pas originaire de l’archipel. Il y est introduit par les Néerlandais, qui contrôlent alors les Indes orientales. Les premiers essais ont lieu sur l’île de Java dans la première moitié du XIXe siècle, avec des graines et des plants venus du Japon et de Chine. Les résultats sont modestes : les théiers chinois, à petites feuilles, s’adaptent mal au climat tropical.

Le véritable essor arrive dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec l’introduction du théier d’Assam, à grandes feuilles, bien plus vigoureux sous ces latitudes. Les grandes plantations se multiplient alors dans les montagnes de l’ouest de Java, la région de Priangan, que les colons appellent Preanger. Au début du XXe siècle, la culture gagne aussi le nord et l’ouest de Sumatra. Le thé de Java devient un produit d’exportation majeur, expédié vers Amsterdam et Londres.

Après l’indépendance, au milieu du XXe siècle, les plantations sont en grande partie reprises par l’État. La production connaît des hauts et des bas, mais l’Indonésie reste un producteur important, avec une part croissante consommée dans le pays lui-même.

Les régions de thé

  • Java occidental : le cœur historique. Les hauts plateaux autour de Bandung, entre volcans et vallées, concentrent la majorité des plantations : Pangalengan, Ciwidey, le col du Puncak. C’est la zone du thé de Java Preanger.
  • Java central : quelques plantations sur les pentes des volcans, et la ville de Tegal, célèbre pour sa façon de boire le thé.
  • Sumatra : plantations du nord de l’île, autour de Pematang Siantar, et des hauts plateaux de Kerinci, au pied du plus haut volcan d’Indonésie, où s’étend l’un des plus vastes domaines de thé au monde.

Le climat équatorial permet de récolter presque toute l’année. L’altitude, souvent supérieure à mille mètres, compense la chaleur et donne des thés plus fins.

Les grandes variétés de thé indonésien

VariétéFamilleRégionGoûtUsage
Java PreangerThé noir orthodoxeHauts plateaux de Java occidentalRond, doux, notes de malt et de bois, peu d’astringenceNature ou avec un nuage de lait
Thé noir de SumatraThé noir orthodoxe ou en granulésNord de Sumatra, KerinciCorsé, boisé, légèrement épicéPetit-déjeuner, mélanges
Teh melatiThé vert ou noir parfumé au jasminJavaFloral, sucréThé du quotidien, souvent sucré
Thé vert indonésienThé vertJavaVégétal, douxConsommation locale, thés parfumés

Java Preanger

Le thé de référence de l’archipel, issu des hauts plateaux de Priangan, à l’ouest de Java. Ses feuilles, roulées selon la méthode orthodoxe, donnent une liqueur cuivrée, ronde, aux notes de malt et de bois, avec une astringence légère. Son nom est protégé par une indication géographique. Tout savoir sur notre page thé de Java.

Thé noir de Sumatra

Produit sur les grands domaines du nord de l’île et dans les hauts plateaux de Kerinci. Selon les jardins, il est roulé de façon orthodoxe ou réduit en petits granulés pour des infusions rapides. Plus corsé que le thé de Java, il convient bien au petit-déjeuner, à la manière d’un English Breakfast, et entre dans de nombreux mélanges.

Teh melati

Le thé au jasmin, très populaire à Java. Le thé, vert ou noir, est parfumé au contact de fleurs de jasmin, parfois mêlées dans le paquet. C’est le thé du quotidien de nombreuses familles, servi chaud ou glacé, presque toujours sucré. Il rappelle le thé au jasmin chinois, en plus simple et plus corsé.

Thé vert indonésien

Moins connu à l’étranger, le thé vert est surtout produit pour le marché intérieur et pour servir de base aux thés parfumés. Il est en général chauffé à sec, avec un goût végétal doux. Pour le comparer aux grands thés verts d’Asie, voyez notre guide du thé vert.

La culture du thé en Indonésie

En Indonésie, on dit « teh », et le thé est partout : servi au réveil, offert aux visiteurs, vendu glacé en bouteille ou au bord des routes. Il se boit très souvent sucré, parfois abondamment.

Quelques traditions régionales méritent d’être connues.

  • Le teh poci, de Tegal, à Java central : un thé au jasmin infusé dans une petite théière en terre cuite et versé sur des cristaux de sucre candi. On ne remue pas : la tasse devient de plus en plus sucrée à mesure qu’on la boit.
  • Le teh tubruk : une préparation simple, les feuilles directement dans le verre, l’eau bouillante par-dessus, et le sucre. On attend que les feuilles tombent au fond avant de boire.
  • Le teh talua, de Sumatra occidental : un thé noir fouetté avec un jaune d’œuf, du sucre et parfois du citron vert, servi comme boisson revigorante.
  • Le thé glacé sucré, vendu partout dans la rue et dans les petits restaurants, qui accompagne les repas épicés.

Comment préparer un thé indonésien

Les thés noirs de Java et de Sumatra sont faciles à réussir : ils supportent l’eau très chaude et pardonnent un temps d’infusion un peu long.

  • Température : quatre-vingt-quinze degrés pour les thés noirs ; quatre-vingts pour les thés verts et les thés au jasmin à base de thé vert.
  • Dosage : deux à trois grammes pour vingt centilitres d’eau.
  • Durée : trois à quatre minutes pour un thé noir orthodoxe ; deux à trois minutes pour un thé noir en granulés ou un thé vert.
  • Infusions : une seule pour les granulés ; deux pour les feuilles entières de Java Preanger.
  • Variantes : un nuage de lait pour le thé de Sumatra ; du sucre candi et une théière en terre pour un teh poci maison ; des glaçons pour la version glacée, comme dans nos idées de thé glacé.

Ces thés noirs contiennent une théine assez présente. On les boit plutôt le matin et jusqu’au milieu de l’après-midi.

Questions fréquentes

Le thé indonésien est-il de bonne qualité ?

Une grande partie de la production est un thé noir courant, destiné aux mélanges. Mais les meilleurs jardins d’altitude, notamment à Java occidental, produisent des thés orthodoxes très agréables, ronds et doux, que l’indication géographique Java Preanger met en valeur.

Quelle différence entre thé de Java et thé de Ceylan ?

Les deux sont des thés noirs de plantation d’altitude, issus en grande partie du théier d’Assam. Le thé de Java est en général plus rond et moins vif, avec moins d’astringence. Le thé de Ceylan a souvent une acidité plus marquée et des notes d’agrumes.

Les Indonésiens boivent-ils leur thé sucré ?

Oui, dans la grande majorité des cas, qu’il soit chaud ou glacé. Le teh poci, servi sur du sucre candi, en est l’exemple le plus connu. Vous pouvez bien sûr le boire nature chez vous.

Existe-t-il des oolongs indonésiens ?

Quelques jardins de Java et de Sumatra produisent aujourd’hui des oolongs et des thés blancs, souvent avec des cultivars venus de Taïwan. Ce sont des productions confidentielles. Pour découvrir cette famille, voyez nos thés taïwanais et notre guide de l’oolong.

Pour aller plus loin

Références pour aller plus loin

Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :

  • Green Tea — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
  • HerbalGram — American Botanical Council
  • James Norwood Pratt's Tea Dictionary — James Norwood Pratt, ouvrage de référence du métier du thé
  • Tea Lover's Treasury — James Norwood Pratt