Le bancha est un thé vert japonais préparé à partir de feuilles plus grandes et plus mûres que celles du sencha, cueillies plus tard dans la saison. Il donne une tasse douce, légère, peu astringente et pauvre en théine : c’est le thé que l’on sert à table, en famille, à toute heure. Si vous découvrez cette famille, commencez par notre panorama du thé japonais, puis revenez ici pour tout savoir du bancha.
Origine et histoire du bancha
Le mot « bancha » se lit de plusieurs façons. On le rapproche le plus souvent de ban, « tardif » : c’est le thé des récoltes qui suivent la première cueillette de printemps, celle qui sert aux sencha les plus fins. Il désigne aussi, plus largement, le thé ordinaire, celui du quotidien, par opposition aux thés de dégustation.
Au Japon, le bancha est produit dans toutes les grandes régions de thé : Shizuoka, Kagoshima, Mie, Kyoto. On le fabrique avec les feuilles des deuxième et troisième récoltes d’été, avec les feuilles taillées à l’automne, ou avec les feuilles plus grosses écartées lors du tri des sencha. La transformation est la même que celle du sencha : passage à la vapeur juste après la cueillette pour stopper l’oxydation, roulage, séchage. Les feuilles, plus épaisses, se roulent moins finement et gardent un aspect plus large et plus plat.
Certaines régions ont leur propre bancha, très différent de la version courante. À Kyoto, le kyobancha est un thé de grandes feuilles grillées, au parfum fumé. Ailleurs, des bancha fermentés existent localement. Le grillage du bancha ordinaire donne d’ailleurs le hojicha, son cousin torréfié.
Goût et caractéristiques
Par rapport au sencha, le bancha est plus discret et plus rond.
- Feuilles : vert olive à vert sombre, plus grandes, roulées sans finesse, avec parfois des fragments de tiges.
- Liqueur : jaune doré à vert pâle, limpide.
- Arômes : végétaux et boisés, notes de foin, de paille et de légumes cuits, avec une légère pointe de céréale.
- Bouche : souple, peu d’umami, une astringence modérée et une finale nette.
- Théine : faible. Les feuilles mûres en contiennent moins que les jeunes pousses, ce qui fait du bancha l’un des thés verts les plus doux sur ce point.
C’est ce caractère sobre qui en fait un bon compagnon de repas : il ne couvre pas les plats, il rince la bouche et accompagne aussi bien un poisson grillé qu’un bol de riz.
Comment préparer le bancha
Le bancha est plus tolérant que les grands thés verts. Il accepte une eau plus chaude et pardonne une infusion un peu longue.
- Dosage : 3 g pour 20 cl, soit une bonne cuillère à café de feuilles.
- Température : 80 à 90 °C. Une eau plus chaude que pour un sencha fait ressortir son côté boisé sans amertume excessive.
- Durée : 1 minute pour la première infusion, à la japonaise, ou 2 à 3 minutes pour une tasse plus corsée.
- Infusions : deux à trois, en prolongeant un peu la durée à chaque fois.
- Ustensile : une théière kyusu ou une simple théière avec filtre ; les feuilles larges s’y déploient bien.
- Eau : peu minéralisée, pour garder la liqueur claire.
Le bancha se prête aussi très bien à l’infusion à froid : laissez les feuilles une nuit au réfrigérateur dans une eau fraîche, vous obtiendrez une boisson douce et désaltérante. Notre page sur le thé glacé détaille la méthode.
Bancha, sencha, hojicha : les différences
| Critère | Bancha | Sencha | Hojicha |
|---|---|---|---|
| Feuilles | Mûres, récoltes tardives | Jeunes, première récolte surtout | Bancha ou tiges grillées |
| Transformation | Vapeur, roulage simple | Vapeur, roulage fin | Vapeur, puis torréfaction |
| Couleur de liqueur | Jaune doré | Jaune-vert vif | Brun ambré |
| Goût | Doux, boisé, végétal | Vif, herbacé, umami | Grillé, noisette, caramel |
| Théine | Faible | Moyenne | Très faible |
| Température | 80 à 90 °C | 70 à 80 °C | 90 à 95 °C |
| Moment | Repas, toute la journée | Matin, après-midi | Après-midi, soir |
À quel moment boire du bancha ?
Grâce à sa faible teneur en théine, le bancha se boit sans calcul. Le matin, il accompagne le petit déjeuner sans exciter. Au déjeuner, il remplace l’eau sur la table. L’après-midi et en début de soirée, il reste un choix raisonnable pour la plupart des personnes, surtout infusé brièvement. Si vous êtes très sensible, tournez-vous plutôt vers le hojicha ou vers notre sélection de thés du soir.
C’est aussi un excellent thé de découverte : moins exigeant que le gyokuro, moins vif que le sencha, il permet d’entrer en douceur dans le monde du thé vert japonais.
Questions fréquentes
Le bancha contient-il de la théine ?
Oui, mais peu. Les feuilles mûres en contiennent moins que les bourgeons et les jeunes feuilles utilisés pour les thés plus fins. Une tasse de bancha reste donc légère, même si elle n’est pas sans théine.
Quelle différence entre bancha et kukicha ?
Le bancha est fait de feuilles, le kukicha de tiges et de brindilles. En Occident, et notamment dans la cuisine macrobiotique, le nom « bancha » est parfois employé pour désigner le kukicha, d’où une confusion fréquente. Lisez la composition : feuilles ou tiges.
Peut-on boire du bancha le soir ?
La plupart des personnes le tolèrent bien en début de soirée, surtout avec une infusion courte. Pour une boisson vraiment dépourvue de théine, préférez une tisane ou un rooibos.
Le bancha est-il un thé de moindre qualité ?
C’est un thé simple, pas un mauvais thé. Il existe des bancha soignés, issus de belles récoltes d’été ou d’automne, qui offrent une tasse ronde et propre. On ne lui demande pas la complexité d’un grand sencha, mais une boisson agréable à boire tous les jours.
Pour aller plus loin
- Retrouvez toutes les variétés sur la page du thé japonais.
- Comparez avec le sencha, plus vif, et le genmaicha, souvent élaboré à partir de bancha et de riz grillé.
- Pour une version torréfiée, découvrez le hojicha.
Références pour aller plus loin
Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :
- Green Tea — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
- HerbalGram — American Botanical Council
- James Norwood Pratt's Tea Dictionary — James Norwood Pratt, ouvrage de référence du métier du thé
- Tea Lover's Treasury — James Norwood Pratt