Le tamaryokucha est un thé vert japonais reconnaissable à ses feuilles enroulées en petites virgules, d’où son autre nom de guricha, le « thé bouclé ». Produit surtout sur l’île de Kyushu, dans le sud du Japon, il se distingue du sencha par l’absence du dernier roulage qui étire la feuille en aiguille. Le résultat est une tasse douce, ronde, peu astringente, aux notes parfois fruitées. Pour comparer avec les autres variétés, voyez notre page sur le thé japonais.
Origine du tamaryokucha
Le nom se décompose en tama, « boule » ou « rond », ryoku, « vert », et cha, « thé » : le thé vert rond. C’est un thé de Kyushu, produit principalement dans les préfectures de Saga, Nagasaki, Kumamoto et Miyazaki. La région d’Ureshino, à Saga, et celle de Sonogi, à Nagasaki, en sont les berceaux les plus connus.
Kyushu est proche de la Chine et de la Corée, et c’est par là qu’est arrivée une partie de la culture du thé au Japon. On y a longtemps fabriqué le thé à la manière chinoise, en chauffant les feuilles dans un récipient en fer plutôt qu’à la vapeur. Cette méthode, le kamairi, existe toujours et donne une des deux formes de tamaryokucha.
L’autre forme, plus récente et aujourd’hui majoritaire, est passée à la vapeur comme un sencha. Elle s’est développée au siècle dernier, en partie pour l’exportation, avant de trouver sa place sur le marché intérieur.
Deux méthodes de fabrication
| Critère | Tamaryokucha à la vapeur (mushi-sei) | Tamaryokucha au wok (kamairi-sei) |
|---|---|---|
| Fixation | Vapeur, comme le sencha | Chauffe dans une cuve en fer |
| Régions typiques | Saga, Nagasaki, Kumamoto | Ureshino, Miyazaki, Kumamoto |
| Couleur de la feuille | Vert profond | Vert plus terne, parfois grisé |
| Liqueur | Jaune-vert, légèrement trouble | Jaune doré, très limpide |
| Arômes | Végétaux, doux, umami | Grillés légers, floraux |
| Proximité | Proche d’un sencha doux | Proche d’un thé vert chinois |
Dans les deux cas, on supprime l’étape finale de mise en forme, le seiju, qui donne au sencha ses aiguilles droites. La feuille sèche en se recourbant naturellement, ce qui lui donne sa forme de virgule.
Goût et caractéristiques
- Aspect : feuilles vert foncé, petites, recourbées en crochets ou en virgules, au toucher plus souple qu’un sencha.
- Liqueur : jaune-vert, plus ou moins limpide selon la méthode.
- Arômes : herbe douce, petits pois, parfois agrumes ou fruits blancs, avec une légère note de grillé pour les versions au wok.
- Bouche : ronde et souple, moins d’astringence qu’un sencha, une finale propre et un peu sucrée.
- Théine : moyenne, comparable à celle d’un sencha.
Ce profil adouci en fait un excellent thé de transition pour les personnes qui trouvent les thés verts japonais trop vifs ou trop marins. Les versions au wok, en particulier, rappellent certains thés verts chinois comme le Long Jing : même limpidité, même douceur grillée, mais avec une fraîcheur végétale bien japonaise. Comparer les deux côte à côte est une belle façon de comprendre ce que la méthode de fixation change à la tasse.
Comment préparer le tamaryokucha
- Dosage : 3 g pour 20 cl, soit une cuillère à café bombée.
- Température : 70 à 80 °C pour la version vapeur, 80 à 85 °C pour la version au wok.
- Durée : 1 minute à 1 minute 30 pour la première infusion.
- Infusions : trois en général. La deuxième se fait plus brève, la troisième plus longue.
- Ustensile : une théière kyusu ou une petite théière à filtre ; les feuilles bouclées s’ouvrent largement et ont besoin de place.
- Eau : faiblement minéralisée, pour préserver la douceur.
Vous pouvez aussi l’infuser à froid : 5 g pour 50 cl d’eau, trois à six heures au réfrigérateur. Le tamaryokucha y révèle une rondeur presque sucrée.
À quel moment boire du tamaryokucha ?
Avec une teneur en théine proche du sencha, il trouve sa place le matin et l’après-midi. Il accompagne bien un déjeuner léger, des légumes, du poisson ou une pâtisserie peu sucrée. En soirée, mieux vaut passer à des thés plus doux en théine, comme le hojicha, ou à une tisane.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on guricha ?
« Guri » évoque l’enroulement, la forme bouclée de la feuille. Guricha et tamaryokucha désignent le même thé ; le premier nom est surtout employé de façon familière.
Le tamaryokucha est-il moins amer que le sencha ?
En général oui. La fabrication sans roulage final et, pour la version au wok, la chauffe à sec donnent une tasse plus douce et moins astringente. Une eau trop chaude peut toutefois faire ressortir l’amertume, comme avec tout thé vert.
Comment reconnaître un tamaryokucha au wok d’un tamaryokucha à la vapeur ?
La version au wok a une liqueur plus claire et dorée, un parfum légèrement grillé et floral. La version vapeur donne une liqueur plus verte, un peu trouble, et des arômes plus végétaux.
Se conserve-t-il comme les autres thés verts ?
Oui : dans une boîte hermétique et opaque, à l’abri de la chaleur et des odeurs. Il garde sa fraîcheur quelques mois une fois ouvert.
Pour aller plus loin
- Toutes les variétés japonaises sont réunies sur la page du thé japonais.
- Comparez avec le sencha, aux aiguilles droites, et le kabusecha, légèrement ombragé.
- Pour une vue d’ensemble de la famille, consultez notre page sur le thé vert.
Références pour aller plus loin
Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :
- Green Tea — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
- HerbalGram — American Botanical Council
- James Norwood Pratt's Tea Dictionary — James Norwood Pratt, ouvrage de référence du métier du thé
- Tea Lover's Treasury — James Norwood Pratt