Le honeybush est une infusion sud-africaine préparée avec les feuilles et les tiges d’arbustes du genre Cyclopia, qui poussent dans les montagnes du Cap. Son nom, « buisson à miel », vient du parfum de ses fleurs jaunes, et sa tasse tient la promesse : douce, ronde, aux notes de miel et de fruits secs. Comme le rooibos, dont il est le proche voisin, il ne vient pas du théier et ne contient pas de théine. Il se boit donc à toute heure, y compris le soir.
Origine et histoire
Le honeybush pousse à l’état sauvage dans le fynbos, la végétation de broussailles typique de la pointe sud de l’Afrique, entre les provinces du Cap-Occidental et du Cap-Oriental. On en connaît une vingtaine d’espèces, dont quelques-unes seulement sont récoltées pour l’infusion, comme Cyclopia intermedia, Cyclopia subternata ou Cyclopia genistoides.
Les populations khoïkhoï et san de la région en faisaient déjà usage, et les colons européens l’ont adopté au XVIIIe et au XIXe siècle comme boisson du quotidien. Longtemps cueilli uniquement à l’état sauvage, sur les pentes des montagnes, il fait l’objet depuis une trentaine d’années de mises en culture, pour répondre à une demande croissante sans épuiser les populations sauvages. Il reste une production bien plus confidentielle que le rooibos.
Honeybush et rooibos : quelles différences ?
Les deux plantes appartiennent à la famille des légumineuses et poussent dans la même région, mais ce sont deux genres différents.
| Critère | Honeybush | Rooibos |
|---|---|---|
| Plante | Arbustes du genre Cyclopia | Aspalathus linearis |
| Région | Montagnes du Cap, fynbos côtier et intérieur | Massif du Cederberg, au nord du Cap |
| Feuille | Petites feuilles et tiges coupées, plus larges | Fines aiguilles |
| Goût | Miellé, fruité, plus doux | Boisé, vanillé, légèrement plus tannique |
| Théine | Aucune | Aucune |
| Récolte | Encore largement sauvage | Surtout cultivé |
En tasse, le honeybush paraît souvent plus sucré et plus floral, le rooibos plus boisé. Les deux s’apprécient nature, et se marient très bien.
Goût et caractéristiques
Comme le rooibos, le honeybush existe sous deux formes.
- Honeybush fermenté (ou oxydé, la forme la plus courante) : les tiges et feuilles coupées sont humidifiées puis laissées en tas à forte chaleur, ce qui les fait brunir. L’infusion est ambrée à rouge, ronde, aux notes de miel, d’abricot sec et de caramel.
- Honeybush vert : séché aussitôt après la coupe, il donne une liqueur jaune pâle, plus végétale et plus légère.
Il contient peu de tanins, ce qui lui évite l’amertume même après une longue infusion. Sans théine, il convient au soir, aux enfants en petite quantité et aux personnes qui évitent les excitants. Il est traditionnellement apprécié comme boisson douce et réconfortante, notamment après le repas.
Comment préparer le honeybush
- Dosage : 2 à 3 g pour 20 cl, soit une cuillère à café bombée.
- Température : eau bouillante, 100 °C.
- Durée : 5 à 7 minutes, et jusqu’à 10 minutes sans amertume.
- Infusions : une seconde infusion est possible, plus légère.
- En décoction : on peut aussi le faire frémir quelques minutes dans une casserole, comme en Afrique du Sud, pour une boisson plus corsée.
- À froid : 10 g par litre d’eau froide, 6 à 8 heures au réfrigérateur, pour un thé glacé sans théine, naturellement doux.
Son goût naturellement sucré en fait une bonne transition pour les personnes qui veulent réduire le sucre dans leurs boissons chaudes : sa rondeur évite l’impression de manque que laisse parfois un thé nature.
Il se boit nature, avec un trait de lait, une rondelle d’orange ou une cuillère de miel. Il entre aussi dans des mélanges aromatisés aux agrumes, à la vanille ou aux fruits rouges, à la manière des thés aromatisés.
Précautions
Le honeybush est une infusion alimentaire consommée de longue date et généralement bien tolérée. Quelques points méritent cependant votre attention.
- Grossesse et allaitement : les données disponibles sont limitées. Une consommation occasionnelle, comme boisson, ne pose pas de problème connu, mais demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme avant d’en boire régulièrement.
- Composition : le honeybush contient des polyphénols, dont certains de type isoflavone. Par prudence, les personnes suivies pour une pathologie hormonodépendante en parleront à leur médecin avant une consommation quotidienne.
- Enfants : sans théine, il peut être proposé aux enfants, dilué et en petite quantité.
- Allergies : en cas d’allergie connue aux légumineuses, soyez attentif aux premières tasses.
- Médicaments : aucune interaction notable n’est bien établie, mais signalez à votre médecin toute consommation importante et régulière si vous suivez un traitement.
Questions fréquentes
Le honeybush contient-il de la théine ?
Non. Il ne provient pas du théier mais d’arbustes du genre Cyclopia. Il ne contient ni théine ni caféine, et peut être bu le soir.
Quelle différence entre honeybush et rooibos ?
Ce sont deux plantes sud-africaines voisines, toutes deux sans théine. Le honeybush est plus miellé et plus doux, le rooibos plus boisé et vanillé.
Peut-on sucrer le honeybush ?
Vous le pouvez, mais il est déjà naturellement doux. Goûtez-le d’abord nature : beaucoup de personnes s’en passent volontiers.
Peut-on le laisser infuser longtemps ?
Oui. Pauvre en tanins, il ne devient pas amer, même après 10 minutes. Une infusion longue renforce simplement ses notes de miel.
Pour aller plus loin
- Rooibos : origine, goût et préparation
- Thés et infusions pour le soir
- Thé africain : Kenya, Rwanda, Malawi
- Le thé glacé maison
Références pour aller plus loin
Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :
- Green Tea — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
- HerbalGram — American Botanical Council
- James Norwood Pratt's Tea Dictionary — James Norwood Pratt, ouvrage de référence du métier du thé
- Tea Lover's Treasury — James Norwood Pratt