Bronches encombrées, sinus pris, respiration sifflante au réveil : quand les voies respiratoires se chargent, une tisane aromatique apporte à la fois la chaleur de la boisson et la vapeur que l’on respire au-dessus de la tasse. Ce mélange associe quatre plantes balsamiques de tradition, le pin, l’origan, l’eucalyptus et le thym. Il prolonge la page tisane rhume quand la gêne descend vers les bronches. Il fait partie de l’univers tisane et infusion.
Pourquoi ce mélange

Les quatre plantes ont un point commun : elles sont riches en composés aromatiques volatils, ceux que l’on sent dès que l’eau chaude touche les feuilles. C’est cette fraction aromatique qui est traditionnellement associée au confort respiratoire. Le pin et l’eucalyptus donnent la sensation de fraîcheur et de « nez qui s’ouvre », le thym et l’origan apportent la chaleur assainissante.
Contrairement à la décoction du rhume, ce mélange se prépare en infusion : les feuilles d’eucalyptus et de thym libèrent vite leurs arômes, et une ébullition prolongée les ferait s’évaporer.
Le bourgeon de pin

Les bourgeons de pin sylvestre, récoltés jeunes et séchés, sont traditionnellement utilisés pour aider à dégager les bronches et adoucir la gorge. Ils donnent un goût résineux et frais, un peu amer.
L’origan

Feuilles et sommités fleuries séchées. L’origan est chaud, camphré, proche de la marjolaine en plus intense. Il est traditionnellement associé à l’assainissement de la gorge et des voies respiratoires hautes. Il se dose avec légèreté pour ne pas couvrir les autres plantes.
L’eucalyptus

Les feuilles d’eucalyptus globuleux, longues et coriaces, sont la plante respiratoire par excellence dans la tradition populaire. Leur parfum frais et pénétrant est associé à la sensation de sinus dégagés et à une respiration plus libre. Le goût est vif, légèrement âcre, et s’adoucit bien avec le miel. C’est aussi la plante du mélange qui demande le plus de précautions, en particulier chez l’enfant.
Le thym

Feuilles et petites fleurs de thym commun. Le thym est traditionnellement utilisé pour la gorge, la toux et les bronches encombrées, et il figure dans la plupart des tisanes respiratoires. Son goût chaud, un peu poivré, lie le mélange. Il se marie naturellement avec le miel et le citron.
Préparation

Mélangez les quatre plantes à parts à peu près égales, en réduisant légèrement l’origan. Comptez une cuillère à café bombée du mélange pour une tasse de 250 ml. Versez de l’eau frémissante, autour de 90 °C, et laissez infuser 10 minutes à couvert : le couvercle retient les arômes volatils, qui sont tout l’intérêt de cette tisane.
Avant de boire, prenez une minute pour respirer lentement la vapeur au-dessus de la tasse, tête légèrement penchée. Sucrez au miel si vous le souhaitez.
Quand et combien de temps

Prenez deux à trois tasses par jour, en dehors des repas, la dernière en fin d’après-midi : le thym et l’origan sont des plantes toniques et l’eucalyptus peut gêner l’endormissement. Une cure de sept à dix jours est suffisante pour accompagner un épisode d’encombrement. Au-delà de deux semaines, faites une pause et, si la gêne persiste, consultez un médecin.
Alternatives
L’hysope, plante de la même famille que le thym, est souvent associée au pin et à l’eucalyptus dans les mélanges respiratoires traditionnels : elle figure dans notre tisane grippe. Le gingembre, la cannelle ou la cardamome donnent une version plus épicée et réchauffante pour l’hiver, à découvrir sur la page tisane hiver. Si l’encombrement s’accompagne d’une toux productive, la tisane toux grasse ajoute la guimauve pour adoucir les muqueuses.
Précautions
L’eucalyptus est déconseillé aux enfants de moins de six ans, sous toutes ses formes, et ce mélange ne doit pas leur être donné ; au-delà, demandez l’avis d’un pharmacien. Il n’est pas recommandé pendant la grossesse et l’allaitement. Les personnes asthmatiques éviteront d’inhaler la vapeur, qui peut irriter, et se contenteront de boire la tisane après avis médical. En cas d’épilepsie ou de reflux gastro-œsophagien, prudence avec les plantes aromatiques concentrées. Une gêne respiratoire importante, un essoufflement ou des douleurs thoraciques relèvent d’un médecin, pas d’une tisane.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser cette tisane en inhalation ?
Oui, c’est même l’un de ses atouts. Préparez-la un peu plus concentrée dans un bol, penchez-vous au-dessus avec une serviette sur la tête et respirez la vapeur cinq minutes, les yeux fermés. Évitez cette pratique en cas d’asthme et ne la proposez pas aux enfants.
Eucalyptus ou pin : lequel choisir si je n’ai qu’un seul des deux ?
Les deux apportent la fraîcheur balsamique du mélange. L’eucalyptus est plus puissant et plus « médicinal » au goût, le pin plus doux et plus boisé. Si vous êtes sensible aux saveurs fortes, le pin seul avec le thym donne déjà une tisane respiratoire agréable.
Faut-il la boire chaude ou peut-on la laisser refroidir ?
Chaude, de préférence. La chaleur et la vapeur font partie de l’effet recherché, et les arômes volatils se dissipent en refroidissant. Une tisane respiratoire tiède ou froide perd l’essentiel de son intérêt.
Pour aller plus loin
- Tisane et infusion, la page parente de cet univers
- Tisane rhume pour le nez qui coule et la gorge qui gratte
- Tisane toux pour choisir entre toux sèche, grasse et nocturne
- Tisane hiver pour les mélanges réchauffants de saison
Références pour aller plus loin
Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :
- Herbs at a Glance — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
- About Herbs, Botanicals & Other Products — Memorial Sloan Kettering Cancer Center (New York)
- Herbs and Supplements — MedlinePlus (National Library of Medicine, États-Unis)
- Monographies de plantes médicinales — Agence européenne des médicaments (EMA)
- American Herbal Pharmacopoeia — monographies de référence sur la qualité et la sécurité des plantes
