L’ortie a mauvaise réputation au jardin, mais elle est l’une des plantes les plus appréciées des amateurs de tisanes. Séchée, elle ne pique plus du tout et donne une infusion verte, douce et herbacée, que l’on boit volontiers au changement de saison. Voici ce que l’on peut raisonnablement attendre des bienfaits de l’ortie, comment la préparer et dans quels cas il faut rester prudent.
Qu’est-ce que l’ortie des tisanes ?
L’ortie des tisanes est la grande ortie (Urtica dioica), celle qui pousse en touffes au bord des chemins, près des habitations et dans les sols riches. Ses poils urticants, responsables des fameuses piqûres, perdent leur effet au séchage ou à la cuisson.
La partie utilisée
Pour la tisane, on utilise les feuilles, parfois avec les sommités. La racine d’ortie existe aussi en herboristerie, mais elle relève d’autres usages et se prend sur conseil d’un professionnel. Cette fiche parle des feuilles, sauf mention contraire.
Le goût
L’infusion d’ortie a un goût herbacé, doux, légèrement végétal, qui rappelle un peu les épinards ou le thé vert sans son amertume. Elle n’a rien de piquant ni de fort. Ceux qui la trouvent un peu plate lui ajoutent volontiers de la menthe, de la verveine ou un zeste de citron. Elle ne contient pas de théine.
Les bienfaits traditionnels de l’ortie
L’ortie est une plante riche en minéraux, en particulier en silice, en fer et en calcium, ainsi qu’en vitamine K. C’est cette composition qui explique la plupart de ses usages traditionnels.
Une plante de vitalité. L’ortie est traditionnellement utilisée comme plante « reminéralisante », lors des périodes de fatigue passagère, de convalescence ou de changement de saison. Elle peut aider à se sentir plus en forme quand l’alimentation manque un peu de verdure. On la retrouve à ce titre dans la tisane énergie.
Le grand ménage du printemps. C’est l’usage le plus connu. Au sortir de l’hiver, l’ortie est traditionnellement employée en cure de quelques semaines pour accompagner l’élimination, grâce à son effet diurétique doux. Elle est l’une des plantes phares de la tisane printemps et de la tisane détox.
Le confort des articulations. Dans la tradition populaire, l’ortie fait partie des plantes que l’on boit pour accompagner les articulations raides ou sensibles, souvent avec la reine-des-prés ou le cassis. Voir la tisane articulations.
Cheveux, ongles et peau. Grâce à sa richesse en silice et en minéraux, l’ortie est aussi traditionnellement utilisée pour accompagner la beauté des cheveux et des ongles, en tisane comme en rinçage capillaire.
Ces usages reposent avant tout sur la tradition et sur la composition de la plante. L’ortie n’est pas une solution à un manque de fer avéré, ni à des douleurs articulaires qui durent : dans ces cas, un avis médical s’impose.
Comment préparer une tisane d’ortie
L’ortie se prépare en infusion : ses feuilles libèrent facilement leurs composés.
- Dose : une à deux cuillères à café de feuilles séchées pour une grande tasse.
- Eau : frémissante.
- Temps : dix minutes, à couvert. L’ortie supporte une infusion assez longue sans devenir amère.
- Filtrer et boire chaud ou tiède, nature, avec un peu de miel ou un trait de citron.
Pour une cure, vous pouvez préparer le matin une théière d’un demi-litre à un litre, avec trois à quatre cuillères à café de feuilles, et la boire tout au long de la journée. L’ortie se boit aussi tiède ou froide en été.
Cueillir et sécher l’ortie
Si vous la cueillez vous-même, choisissez les jeunes pousses du printemps, loin des routes et des champs traités, avec des gants. Faites sécher les feuilles à l’ombre, dans un endroit aéré, puis conservez-les dans un bocal fermé, à l’abri de la lumière. Elles gardent leurs qualités environ un an.
Quand boire de l’ortie ?
Sans théine, l’ortie se boit à toute heure, mais quelques repères aident à en tirer le meilleur :
- le matin et en journée, plutôt que le soir, puisque son effet diurétique pourrait vous réveiller la nuit ;
- au printemps et à l’automne, en cure, au moment des changements de saison ;
- à distance des repas si vous la choisissez pour sa richesse en minéraux.
Une à trois tasses par jour sont un usage courant. Une cure de trois semaines, suivie d’une pause d’une semaine ou plus, est un repère raisonnable, comme pour les autres plantes de nos tisanes de tous les jours.
Avec quelles plantes l’associer ?
Son goût discret en fait une excellente base de mélange.
- Ortie et menthe poivrée : la menthe réveille la douceur herbacée de l’ortie. Voir la menthe poivrée.
- Ortie et romarin : un duo tonique pour le matin et le printemps. Voir la fiche du romarin.
- Ortie et fenouil : pour accompagner à la fois l’élimination et la digestion. Voir le fenouil.
- Ortie et hibiscus : une note acidulée et une belle couleur, à boire tiède ou froid. Voir l’hibiscus.
- Ortie et verveine : pour ceux qui préfèrent une tasse plus parfumée. Voir la verveine.
Précautions
L’ortie en feuilles est une plante bien tolérée aux doses d’une tisane, mais elle demande de l’attention dans plusieurs situations.
- Anticoagulants : l’ortie est riche en vitamine K, qui intervient dans la coagulation. Si vous prenez un anticoagulant de type antivitamine K, ne commencez pas une cure d’ortie sans l’avis de votre médecin, et évitez les variations brutales de consommation.
- Diurétiques et traitements de la tension : son effet diurétique peut s’ajouter à celui d’un médicament. Parlez-en à votre médecin.
- Rétention d’eau d’origine cardiaque ou rénale : une tisane diurétique n’est pas adaptée sans suivi médical.
- Diabète traité : demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant une cure.
- Grossesse et allaitement : les données de sécurité sont insuffisantes ; demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme. Voir aussi la page tisane grossesse.
- Enfants : une tasse légère et occasionnelle est un usage courant ; pour un jeune enfant, demandez conseil au pédiatre.
- Racine d’ortie : c’est un autre usage, avec ses propres précautions. Elle se prend sur conseil d’un herboriste ou d’un pharmacien.
- Allergies : rares, mais possibles. Arrêtez en cas de réaction.
Une tisane ne remplace ni un diagnostic ni un traitement. Si une fatigue ou des douleurs durent, consultez.
Pour aller plus loin
L’ortie est au cœur de la tisane printemps et de la tisane détox, et elle entre aussi dans la tisane articulations. Pour alterner les plantes au fil de l’année, voir la page tisanes de tous les jours. Toutes les fiches sont réunies sur la page des plantes à tisane.
Questions fréquentes
La tisane d’ortie pique-t-elle ?
Non. Les poils urticants de l’ortie perdent leur effet au séchage et au contact de l’eau chaude. L’infusion est douce, herbacée, sans aucune sensation de piqûre.
Peut-on boire de la tisane d’ortie tous les jours ?
Oui, une à trois tasses par jour sont un usage courant chez l’adulte en bonne santé, de préférence en cure de quelques semaines suivie d’une pause. Si vous prenez un anticoagulant ou un diurétique, demandez d’abord l’avis de votre médecin.
Quand boire la tisane d’ortie dans la journée ?
Plutôt le matin et l’après-midi. Son effet diurétique léger la rend moins adaptée au soir, pour éviter de se relever la nuit.
L’ortie est-elle riche en fer ?
L’ortie contient du fer et d’autres minéraux, ce qui explique sa réputation de plante de vitalité. Une tisane n’en apporte cependant qu’une petite quantité : en cas de manque de fer avéré, c’est au médecin de proposer une prise en charge.
Où trouver de l’ortie pour la tisane ?
Vous pouvez la cueillir vous-même au printemps, loin des routes et des cultures traitées, ou l’acheter séchée en herboristerie ou en magasin de produits naturels. Préférez des feuilles bien vertes et entières.
Références pour aller plus loin
Des ressources reconnues, en anglais pour la plupart, pour vérifier une plante, ses précautions et ses interactions :
- Herbs at a Glance — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH, États-Unis)
- About Herbs, Botanicals & Other Products — Memorial Sloan Kettering Cancer Center (New York)
- Herbs and Supplements — MedlinePlus (National Library of Medicine, États-Unis)
- Monographies de plantes médicinales — Agence européenne des médicaments (EMA)
- American Herbal Pharmacopoeia — monographies de référence sur la qualité et la sécurité des plantes